Que m'apporte internet ?

En écoutant l’émission de France Culture Les nouvelles vagues avec pour invités Philippe Aigrain et Benjamin Bayart pour parler de l’évolution d’internet et des implications politiques qui en découlent, je me suis mis à me demander ce qu’internet a changé dans ma vie.

Cela a à la fois changé beaucoup de choses et en même temps, il y a des choses qui n’ont pas changées. C’est surtout l’accès à l’information et la rapidité des réponses aux renseignements que l’on cherche qui a été pour moi une révolution. Il y a l’aspect social mais qui pour moi n’est pas si important, l’aspect consommation, idem et enfin l’aspect divertissement, également peu impacté.
Petite revue en détail.

En entendant parler de ce qu’était internet il y a 15 ou 20 ans, on se remémore et on se rend compte de l’évolution des habitudes et de la multitudes de services maintenant accessibles.
J’étais dans la première vague d’utilisateurs, dès 1997, principalement grâce à une partie de mes études aux Pays-Bas, largement plus avancés que les universités françaises à l’époque. En 1998, je devais avoir ma première page perso et en 1999, mon premier abonnement, mais on s’entend bien, il s’agissait d’accès par modem 56K pour 50h par mois pour les mêmes 29,99€ qu’aujourd’hui.

Comme le dit bien Benjamin Bayart, l’accès à internet a d’abord permis la discussion entre les gens (je me souviens encore de mes premiers forums fréquentés et des discussions à refaire le monde) ainsi qu’à pouvoir s’exprimer en public (même si rétrospectivement, j’ai vraiment l’impression que ce que j’écrivais ne devait pas être lu par grand monde car il n’y avait pas de réseaux sociaux et l’indexation des pages perso n’était pas au top). C’était avant le web 2.0.

Et en fait, jusqu’à l’ouverture de ce blog, il y a bientôt 2 ans, j’en suis resté là pendant 15 ans. C’est à dire que je n’interagissais pas sur des contenus. Je publiais ou j’échangeais par mail ou sur des forums sur des sujets qui m’intéressaient mais je suis totalement resté en retrait de la vague des réseaux sociaux amorcée il y a 10 ans. N’oubliez pas qu’il n’y a pas si longtemps, j’étais totalement has been. Maintenant, j’échange régulièrement avec mes compagnons de blog ou sur Diaspora*, mais je ne crois pas que cela me soit totalement vital, ces outils me servent plus de moyens d’information que de lien social, d’ailleurs je n’ai jamais pu véritablement faire un pont entre les relations virtuelles et les relations physiques, les deux ont toujours été déconnectées (et je ne suis pas asocial).

Pour autant, dès le début, internet m’a servi à plein d’autres choses et ce, dès le début de mon utilisation au siècle dernier : trouver des informations sur des sujets nouveaux pour moi (une méga encyclopédie instantanée), découvrir de la musique, suivre l’actualité des sujets qui m’intéressent, ...
Je crois que c’est la partie dont je pourrais le moins me passer. Mais pour autant, les supports de culture en eux-mêmes sont et restent physiques : je lis des livres, écoute des CD et regarde des DVD, pour une bonne partie empruntés en bibliothèques ou achetés d’occasion sur des vides-greniers. J’ai bien essayé mais pour moi la dématérialisation de la culture n’est pas encore d’actualité.

De même, si j’achète parfois sur internet (je passe en moyenne une commande par semaine), je continue à faire la plupart de mes courses dans les magasins. Cette fonction est pratique, surtout si l’on n’est pas dans une grande ville, mais ne m’est pas non plus indispensable. De plus, pour moi, ce qui ne s’offre pas à mes yeux ne suscite pas mon intérêt ; j’aurais beau avoir tous les livres, toutes les musiques ou tous les films du monde en format numérique, si je n’ai pas une raison, un intérêt, pour les découvrir, c’est comme s’ils n’existaient pas. En général, si j’entends parler d’une œuvre (dans une émission ou par des connaissances), je peux alors être intéressé pour la consulter et alors je regarde si je ne peux pas la trouver en médiathèque ou je la mets sur une liste de futurs achats.

Enfin, il reste l’aspect divertissement, qui me semble être devenu l’usage prépondérant d’internet et qui ne m’a jamais vraiment touché. Regarder des tas de vidéos (qui ont remplacé les diaporamas) n’a jamais été mon truc. La seule chose intéressante est la fonction replay des chaînes de télévision qui permettent de remplacer ce que je faisais avec mon magnétoscope il y a 20 ans (j’épluchais les programme TV pour enregistrer les émissions qui m’intéressaient à toute heure du jour et de la nuit pour me faire mon programme personnalisé).

Ainsi, si internet venait à disparaître brutalement ou si je n’y avais plus accès sur une île déserte pas encore desservie par les satellites et ballons stratosphériques des GAFAM, cela me manquerait certainement puisque j’y passe largement 2-3h par jour mais ce serait principalement pour l’accès à l’information. Car tout ce que j’apprends de construit et de non superficiel, je le fais toujours à partir de supports non virtuels (exception faite des tutoriels, mais il s’agit bien là d’informations).

Pour répondre à la question du titre, internet m’apporte beaucoup mais ne m’apprend pas grand chose, juste les moyens de trouver les ressources.

Haut de page