Le nez sous le capot

Allez, un petit billet à la Cyrille (racontons nos péripéties) pour détendre l’atmosphère, encore que la conclusion n’est pas forcément joyeuse et éloignée de nos préoccupations actuelles.

Aujourd’hui, ma voisine, une brave septuagénaire, est venu me demander si je pouvais l’aider à ouvrir le capot de sa nouvelle voiture sous prétexte que nous avions la même (un Partner comme le mien sauf qu’il y a douze ans d’écart). Jusque là, je me dis que je dois avoir les compétences requises, sauf qu’heureusement qu’elle était armée de sa notice parce que trouver le levier sous le capot n’a plus rien d’intuitif et il faut une force non négligeable pour y arriver (elle n’y est pas parvenu quand on a réessayé). Et même la béquille doit se mettre à un endroit tellement contre-intuitif qu’ils ont dû l’entourer de scotch fluo et qu’il faut encore bien suivre la notice.

Vous vous doutez bien que l’histoire ne s’arrête pas là. Elle enchaîne en me disant qu’elle doit installer un boîtier sur sa batterie pour son assurance (oui, une boîte noire dans les deux sens du terme). On se retrouve donc avec deux fils qu’il faut en principe brancher tout simplement sur la batterie. Sauf que la batterie, maintenant n’est même plus accessible, on voit le pôle positif et tout un amas de fils protégés par un cache sur le reste de la batterie ; et rien qui ne ressemble à un branchement possible. Quand au pôle négatif, sur la notice, il est indiqué bien plus loin et sans expérience, aucun moyen de déterminer son emplacement. Bref, j’étais un peu pressé et j’ai avoué mon incompétence. D’ailleurs, en l’état de mes connaissances, je n’aurais pas pu non plus la dépanner en cas de batterie à plat, alors que je fais ça occasionnellement sans problème quand il nous arrive de laisser une porte mal fermée ou une lumière allumée.

Une fois un peu plus disponible avec déjà l’idée de rapporter cet événement ici, je tape quand même mon problème dans un moteur de recherche, histoire de voir si on soumet les petits vieux à un truc insurmontable en leur disant au téléphone que c’est très simple. En fait, il y a un moyen alternatif plus à la portée de tous en branchant la prise fournie sur la prise de diagnostic sous le volant. Je retourne donc la voir en me disant que je tenais la solution (en regardant sur ma voiture, il y a juste un cache et plein de place pour loger l’engin). En fait, elle était allé voir le garagiste entre-temps. Il a tout de suite eu le réflexe de brancher sur la prise de diagnostic (et ne l’aurait sans doute pas facturée pour si peu), sauf qu’elle est juste sous le volant et qu’une fois que quelque chose y est branché, on ne peut plus fermer le panneau. Il a donc dû brancher sur le fatras de fils qui sont reliés à la batterie, chose que je n’aurai pu faire et ça lui en a coûté 40€. Maintenant, au moins je sais où est le le négatif (un plot sur la carrosserie).

La morale de l’affaire, c’est que l’on demande a des personnes qui ne savent pas comment ouvrir un capot ou changer une roue d’aller brancher des trucs dans des endroits de leur voiture dont ils ne soupçonnent même pas l’existence. C’est un peu comme si pour déclarer vos impôts sur internet, vous devriez installer une carte PCI dans votre PC (votre mère aurait un problème), sauf qu’en plus, on a maintenant affaire à des Mac où tout est fait pour que vous n’alliez pas farfouiller dedans.

La deuxième morale, encore moins réjouissante, c’est que pour payer moins d’assurance, les gens sont prêts à se faire pister dans tous leurs déplacements et donc forcément leurs comportements peuvent être surveillés et en sont par là modifiés (excès de vitesse, conduite à risque ou à des heures avancées, etc.). On va dire que c’est pour la bonne cause et que mieux se conduire au volant est bénéfique à la population, mais quand même, après vous vous étonnez que personne ne s’indigne que l’on puisse surveiller notre activité sur internet ?

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