Dans mon précédent billet, je vous parlais de mon amour pour les podcasts. Cette fois, je vais essayer de sortir du côté émotionnel pour analyser les intérêts de ce média audio et le comparer aux autres médias tels que l’écrit et la vidéo.

Quels sont les avantages de l’audio ?

La possibilité de faire autre chose

On peut écouter de l’audio en se déplaçant contrairement à la vidéo ou à l’écrit car il ne mobilise pas la vue. Mieux, on peut faire autre chose en même temps, globalement toute activité que l’on peut faire tout en discutant mais aussi toute activité manuelle ne nécessitant pas de concentration ou de réflexion, ainsi que toute activité sportive voire même lorsque l’on se repose.
Cela veut dire que l’on peut apprendre, se distraire ou découvrir des sujets sans avoir besoin de temps supplémentaire car on optimise du temps déjà occupé à autre chose. Et selon le planning de chacun, ça peut quand même faire un paquet de temps.

Le format peut être très variable

Si une vidéo nécessite un format assez court pour retenir l’attention et que les articles ne doivent pas dépasser une certaine longueur pour être lus, le format audio peut dépasser facilement une heure sans rebuter l’auditeur. Au-dessus de 3h, cela commence à faire beaucoup et nécessite souvent une écoute fractionnée mais ce n’est pas comme couper un film et les lecteurs audio permettent facilement de reprendre là où on était.

Un merveilleux outil d’apprentissage

Outre la possibilité d’écouter une émission de radio qui nous plaît sans être dépendant de l’horaire de son passage à l’antenne, il est aussi possible d’écouter des conférences, des cours, des podcasts indépendants sur tous les types de sujets parfois très pointus. Quand on essaie de nous faire rêver au monde merveilleux des MOOC (cours en lignes), le podcast remplit largement cette fonction d’apprentissage continue sur tous les sujets qui peuvent nous intéresser au fur et à mesure de l’évolution de nos centres d’intérêt.

Une information alternative

Si certains podcasts sont plus axés sur les loisirs ou les passions ludiques voire la franche rigolade entre potes, la plupart du temps, il y a une expertise dans des domaines et une recherche par les animateurs pour présenter des dossiers ou des interviews qui se rapproche du travail des journalistes. Et dans ce cas, l’information va à un niveau de détail très poussé avec des notes d’émission permettant d’approfondir le sujet. Il s’agit d’informations très pointues n’intéressant pas le grand public mais permettant aux auditeurs de se cultiver ou d’ouvrir leur esprit sur des sujets que les médias classiques n’iront jamais de façon aussi détaillée car bridés par le temps, le public visé ou même la subversion de certaines informations vis-à-vis des financeurs.
En cela, les podcasteurs pourraient être les futures sources d’une information réellement indépendante et permettant d’ouvrir aux diversités sociales et culturelles, de prendre du recul, de recouper les informations sur le même sujet et au final d’acquérir un esprit critique et de se forger sa propre opinion.
Sur ce sujet, je ne peux que vous inviter à aller écouter la merveilleuse conversation entre Karine et Jonathan (les 10-12 premières minutes peuvent être zappées pour arriver dans le vif du sujet)

Un partage gratuit

Car si les podcasts indépendants demandent souvent beaucoup d’investissement en temps pour préparer les épisodes, les enregistrer puis les monter, cela part d’une envie de partager une passion et de le mettre à disposition des auditeurs de façon totalement désintéressée.
On retrouve ici l’esprit du libre et à se pencher sur le fonctionnement des podcasteurs, il y a véritablement une communauté d’entraide, de partages et d’échanges mutuels pour améliorer les productions que ce soit au niveau technique ou au niveau du contenu. On pourrait même comparer les retours des auditeurs à des rapports de bugs et suggestions d’amélioration.
Très peu de podcasts (qu’ils soient indépendants ou issus de radios même commerciales) ont fait le choix de faire payer ou d’insérer des publicités qui sont même parfois retirées alors qu’elles étaient présentes dans l’émission radio.
On a donc l’équivalent de ce qu’était le début du web avec des contenus non pollués par le côté commercial et un esprit de construction par tous ceux qui en ont le souhait et les capacités.

Si ce média a des avantages, il a aussi quelques inconvénients mais pas forcément insurmontables.

C’est compliqué

Il faut aller à la recherche de ce qui nous intéresse, il y a beaucoup de sources différentes et il faut s’abonner aux flux. Cela peut paraître évident pour certains, pour les plus anciens (qui ne veulent/peuvent pas comprendre comment ça marche et préfère appuyer sur le bouton de la télé ou de la radio) ou pour les plus jeunes (qui ne veulent/peuvent pas chercher à comprendre et n’utilisent que ce qui est utilisé par le cercle d’amis) c’est plus difficile.
Les téléphones disposent maintenant d’appli plus ou moins fermées pour le faire et certains sites (podcloud ou vade retro iTunes par exemple) servent de plate-forme qui donne accès à beaucoup de choses et permettent de faire connaître les podcasts directement sur les téléphones sans avoir à passer par la case de l’ordinateur, des agrégateurs de flux et de la synchronisation sur un lecteur mp3 (insurmontable pour les technophobes).

Une indexation et une recherche difficile

Contrairement aux fichiers textes, il n’est pas possible de faire une recherche sur des mots et contrairement aux vidéos, il est impossible d’avoir un aperçu en image. Cela empêche de savoir ce que contient un fichier audio en dehors de son titre donc de savoir s’il va correspondre à nos intérêts. A la limite, cela laisse la possibilité de découvrir quelque chose et d’être agréablement surpris.
Certains aiment alors reprendre Forest Gump en disant qu’un podcast, c’est comme une boîte de chocolat, on ne sait jamais sur quoi on va tomber. Et la touche avance rapide permet toujours de zapper les trucs vraiment pas intéressants.
Autre inconvénient, comme on n’est pas forcément en situation de prendre des notes, il est parfois difficile de retrouver un passage qui nous intéressait pour pouvoir approfondir (sujet, livre, site, film, ....). Heureusement, les bons podcasts sont accompagnés de notes et de liens permettant de retrouver tout cela une fois que l’on est disponible pour le faire.
Cela pose aussi la question de la postérité de ces podcasts mais qui est commune à tout ce qui se trouve sur internet. Les podcasts apparaissent et disparaissent et il est parfois impossible de pouvoir les (ré)écouter car le site a fermé et que le stockage sur un serveur a un coût. Les sujets ne sont pas indexés, il n’y a pas d’archives ou de classement des podcasts comme il peut y en avoir pour les livres ou les films. Ils ne sont jamais sur support persistant.
Ceux qui traitent de l’actualité du domaine concerné n’ont plus grand intérêt après quelques mois. Je suis cependant persuadé que pour un historien du siècle prochain, ce genre de document sera d’un grand intérêt pour connaître le contexte de notre époque.

Le podcast qui est un média jeune et encore relativement anonyme a émergé avec la généralisation de l’accès à internet et des baladeurs numériques. Comme on l’a vu, ils ont l’avantage de pouvoir être écoutés sans rester passif et lors d’autres activités contrairement aux autres médias. Ils ouvrent des champs de connaissance infinis dans tous les domaines qui peuvent susciter notre intérêt mais ils nécessitent un acte volontaire de recherche et de choix, contrairement à la télévision ou à YouTube. Ces écoutes qui peuvent être divertissantes ou savantes peuvent nous ouvrir à des domaines qui nous intéressent et que nous ne connaissons pas ou que nous voulons approfondir mais ont aussi beaucoup de chance de nous faire découvrir des choses imprévues et d’enrichir notre point de vue et notre esprit critique.
Si vous n’êtes pas déjà convaincu, il ne vous reste plus qu’à essayer. Bonnes écoutes !