Intéresser ses lecteurs

Lorsque l’on écrit des billets de blogs, on ne sait jamais vraiment pour qui on écrit et parfois/souvent on rate totalement sa cible.
Le plus simple est encore de n’écrire que pour soi, pour avoir une trace d’une réflexion ou d’un tutoriel pour pouvoir les relire plus tard. Dans ce cas, ce n’est finalement qu’un journal ou une documentation ouverte à ceux qui pourraient être intéressés. Une autre façon de faire simple, c’est de se raconter sans se poser de question et c’est l’objet premier d’un blog. Parler de ce que l’on aime, de ce que l’on est, de ce que l’on fait et, peut-être, tenir en haleine un lectorat fidèle.

Ce n’est pas de ça que je souhaite en écrivant mes billets (quelques-uns peut-être mais pas la majorité) puisque mon objectif est le partage de mes découvertes dans l’espoir que cela puisse en intéresser. Objectif atteint par exemple, lorsque je parle d’un podcast et que, dans l’épisode suivant, j’entends que mon billet a entraîné 20% des téléchargements de l’épisode. Objectif un peu atteint lorsque d’autres blogueurs avec qui je n’ai pas eu d’échanges directs (les copains comme Cyrille, ça ne compte pas) reprennent mes articles dans leurs réflexions.

Mais ai-je vraiment atteint la cible ? Soyons clair, à part des libristes, je risque de ne pas intéresser grand monde. Et parmi ceux-là, il y en a qui connaissent déjà tout ce dont je parle (peut-être vont-ils découvrir un truc de temps en temps) et d’autres qui en connaissent peu mais qui risquent d’être largués si je vais trop dans le technique ou sur des choses qui ne sont pas dans leurs préoccupations du moment.

Si j’écris tout ça, c’est que j’en ai fait plusieurs fois l’expérience personnelle dernièrement. D’un côté, un article écrit à mon intention par un blogueur qui se reconnaîtra, sauf que si je ne l’avais pas su, je n’aurais fait que survoler le billet. En effet, le sujet, qui contenait pas mal de lignes de commandes, n’était pas du tout dans ma préoccupation du moment. D’un autre côté, tous les articles que j’avais un peu laissé passer en n’essayant pas de comprendre la teneur technique qui m’intéressent maintenant.

Comme vous avez pu le voir dans les articles précédents, je me suis mis à l’auto-hébergement de certains services web, du coup, il y a plein de sujets ou de tutos qui maintenant m’intéressent pour mieux comprendre et apprendre. Maintenant que quelqu’un qui préfère rester un héros anonyme (ceux qui le lisent sauront de qui je parle) m’a cédé son Brix pour remplacer mon Raspberry (qui reste un excellent outil d’apprentissage et pour des tâches légères), ce sujet m’intéresse d’autant plus. Cependant, d’autres sujets comme Docker ou Ansible, dont on voit passer dix articles par jour, ne me font pour le moment ni chaud, ni froid parce que je n’en ai pas l’utilité.

Alors, comment intéresser son lectorat en parlant de choses qu’il sait déjà ou de choses dont il ne voit pas l’intérêt ?
Si je prends mon ressenti personnel par rapport aux articles que j’aime lire, c’est en plongeant le lecteur dans son expérience. En décrivant les besoins, les solutions trouvées, les problèmes rencontrés. Peu importe si le sujet ou l’outil est connu, apprécié ou détesté, c’est le partage de l’expérience de l’autre qui nous intéresse. Accessoirement, cela nous donnera envie de la tenter ou au contraire nous évitera de la faire parce que non appropriée. Peut-être aussi que le billet restera dans un coin de notre mémoire et que le jour où on veut tenter l’expérience, on ira le rechercher.

Alors après, comme on est passionné, on aura envie d’écrire un billet technique pour expliquer comment on est parvenu à trouver une solution, mais là, c’est foutu d’avance pour accrocher ceux qui n’y connaissent rien ou ceux qui savent déjà. En plus, la plupart du temps, pour trouver cette solution, on se sera inspiré d’autres documentations déjà disponibles. Le meilleur moyen est donc de décrire sa démarche avec les objectifs, les critères personnels et les problèmes ou solutions rencontrés afin que même un lecteur non averti puisse comprendre l’intérêt de la démarche, que celui que ça intéresse puisse suivre les mêmes tutos et que ceux qui sont plus avancés puissent donner des alternatives ou astuces dans les commentaires.

Voilà comment je vois l’intérêt des blogs et la façon dont je souhaite procéder. Mon but est simplement d’atteindre celui qui est ou sera intéressé par ce que j’écris, pas d’avoir des milliers de lecteurs. D’ailleurs j’accorde très peu d’intérêt aux stats (tous pourris fournis par Free que je consulte une fois par trimestre au mieux). Quand je vois 6000 visites par jour en juin, ça me fait marrer et je suppose que tous ceux qui me suivent dans leurs flux rss rafraîchis tous les quarts d’heure y sont pour beaucoup, sans oublier les attaques de bots qui essaient de mettre des tas de commentaires (en espagnol dernièrement). D’un autre côté, je me suis rendu compte que sur ma page perso laissée à l’abandon depuis 15 ans, j’ai toujours une douzaine de visiteurs journaliers. Donc bien le bonjour à mes futurs lecteurs, internet nous mène parfois dans des endroits inattendus.

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