En feuilletant le Rock ’n Folk de décembre dernier (n°592), je suis tombé sur un article de Yann Kerninon intitulé "Bricoler, bricoler, échouer, bricoler, mourir". Ça parle de bricolage de vélo, de guitares, de moto et de musique en général, mais je l’ai trouvé tellement vrai aussi pour l’informatique et le monde du libre que je ne peux qu’en partager quelques extraits sur ce blog où je fais régulièrement le même genre d’apologie :

Au début, bien sûr, nous n’y comprenions rien. Mais comme disaient Iggy Pop et Nike : "Just do it !" Le gigantesque plaisir du "Do it yourself", c’est surtout celui d’apprendre, ce sentiment merveilleux d’être capable de faire plus et mieux que ce qu’on savait faire la veille. S’élever. Faire les choses. Se sentir de plus en plus capable. [] Bricoler, faire l’éloge du bricolage, c’est faire l’éloge de la vie même. Celui qui bricole ne rêvasse pas. Il n’a pas de fantasme ou d’idéalités délirantes déconnectées du réel. Le bricoleur, c’est celui qui sait qu’on est ce que l’on fait et qui a donc décidé de le faire. Le bricoleur, ce n’est pas celui qui se plaint de la nullité de l’humanité et qui fantasme un monde pur et parfait. C’est celui qui décide de ne pas être nul et qui tente de faire quelque chose. […] On bricole, on bricole. On crée des demi-miracles et des machins pour lesquels, parfois, nous éprouvons une certaine fierté. On échoue, on recommence. Et un jour, nous pourrons mourir satisfaits de toutes les belles choses que nous aurons bricolées.

Et puisqu’on va tous mourir, autant le faire en beauté !