Comme vous le savez si vous me lisez régulièrement, les podcasts sont pour moi quelque chose qui m’apporte énormément et une des raisons de ce blog est de partager mes impressions et découvertes sur ceux qui traitent du libre et de la réflexion sur le numérique. On m’a fait remarqué que la liste que j’ai mise en page statique dans le menu de ce blog paraissait bien courte. D’abord c’est parce que beaucoup d’émissions disparaissent, d’autres apparaissent ou avortent rapidement. Je n’ai mis que celles que je suis sans faute alors qu’il y en a d’autres que j’écoute de façon moins régulière et surtout, j’en écoute plein d’autres sur des thèmes non liés à ce blog et donc que je ne détaille pas. J’ai pourtant envie de vous parler un peu plus de ma passion, en voici la cause.

J’ai découvert récemment un podcast que je ne peux que vous conseiller si vous aimez les podcasts : une fille, un podcast. Cela ne parle pas des filles en particulier mais de la relation d’une fille avec les podcasts : comment elle les a découvert, ce qui lui plaît, comment elle en écoute plein, et elle nous fait partager seule (dans les premiers épisodes) ou avec des invités son amour des podcasts.

Je dois dire que dès les premières minutes d’écoute, j’ai été bluffé : waouh ! un podcast sur les podcasts, quelqu’un qui veut analyser le pourquoi du comment on aime ça. En plus la voix est très agréable, le son nickel et on a vraiment l’impression de confidences lorsqu’elle est seule (chose assez rare et pas évidente sans bafouiller, laisser de grands blancs ou de parler trop vite).

En tout cas, elle touche une corde sensible chez moi car il y a dans l’écoute d’un podcast indépendant (non issu d’une émission radio) un plaisir particulier, une proximité entre podcasteurs et poditeurs qui se soutiennent mutuellement, en se remerciant, en donnant un retour, un avis, des conseils. Cela forme une communauté et souvent ceux qui en font en écoutent d’autres et interagissent entre eux, etc.

Je me suis posé la question du pourquoi, moi qui les aime tant, je n’en faisais pas. D’ailleurs, j’ai déjà eu des propositions, mais d’abord, je ne me sens pas légitime d’en faire un sur le libre notamment. J’ai pas mal de connaissances sur le sujet et peut-être un avis qui peut intéresser les gens (c’est ce que je fais ici) mais techniquement, je ne suis pas super calé et je ne lis pas assez d’articles d’actualités et de veille pour être vraiment au courant des tendances et de leurs impacts. Et j’ai horreur des gens qui donnent des avis de comptoir et ont leur mot à dire sur tout sans connaître vraiment ce dont ils parlent.

Une autre raison, et sans doute la principale, c’est qu’il y a différentes façons de s’exprimer. Internet nous permet maintenant de nous exprimer publiquement par écrit, par audio ou par vidéo. La mode actuelle est de se montrer en vidéo sur YouTube, le début du siècle était plus consacré aux blogs. Entre deux est né de façon plus intime les podcasts, mais j’y reviendrai. Personnellement, mon moyen d’expression a toujours été l’écriture, je suis capable de m’exprimer et d’argumenter par oral mais pas la même aisance de pouvoir dire directement exactement ce que je pense. D’ailleurs, les podcasteurs ont rarement des blogs et inversement, je pense que l’on a un canal de diffusion préféré. Pour autant, participer à un podcast pour intervenir ou répondre à des questions ne serait sans doute pas insurmontable (je ne considère pas mes quelques interventions dans un AprèsCast comme une véritable participation, mais cela ne m’a pas déplu).

Inversement, on a aussi des canaux de réception préférés qui sont différents pour les uns ou les autres. Et c’est là qu’interviennent les podcasts pour moi car je préfère de loin écouter quelqu’un parler sur un sujet que de le regarder en vidéo ou le lire, cela ne veut pas dire que je ne regarde jamais de vidéos (mais assez peu quand même), ou que je ne lis jamais (au contraire mais plus des romans) mais quand il s’agit de me tenir informé ou d’apprendre sur un sujet, c’est vraiment mes capacités auditives qui sont les plus aptes.

Quand je disais que les podcasts sont arrivés de façon plus intime, c’est que vous avez sans doute tous entendu à la fin d’une émission de radio que l’on peut les podcaster mais cet usage s’est développé chez une petite partie de la population, quasiment dans l’anonymat, et que certains n’y trouvent parfois pas le temps ou n’y voient pas l’intérêt. Personnellement, j’y suis venu en me rendant compte que lors de mes déplacement au travail en voiture (à l’époque 40min aller, autant au retour), je pouvais utiliser mon temps plus intelligemment que de zapper entre les stations de radio qui décrivent les malheurs du monde ou nous assomment de musique grand public et de publicités. Par la suite, mon travail m’a permis d’écouter des podcasts de 10 à 20h par semaine selon la période afin d’utiliser mes capacités intellectuelles pendant que j’utilise mes capacités manuelles sans avoir besoin d’une grande concentration. C’est en fait avant tout une optimisation du temps : avoir l’impression de pouvoir faire et écouter/apprendre/recevoir/réfléchir/rigoler en même temps.

Il me faut plusieurs conditions réunies pour pouvoir écouter un podcast. D’abord, il faut que je sois seul. Impossible d’en écouter en étant avec une (ou pire plusieurs) personne qui veuille interagir avec moi ou me déranger d’une quelconque façon. Et il faut aussi que je sois totalement disponible intellectuellement. Je sais que certains arrivent à écouter des podcasts tout en codant, mais moi, dès que je dois me concentrer un minimum sur une tâche intellectuelle, il m’est impossible de rester concentré. Inversement, les quelques fois où j’essaie d’écouter un podcast que je suis impatient d’écouter tout en ayant rien à faire physiquement, j’ai l’impression de perdre mon temps, de n’avoir rien à faire. Cela réduit donc mon temps d’écoute possible à des plages particulières et je comprends que certaines personnes aient peu de temps disponible pour ce genre d’activité.

Je vais arrêter là ce billet déjà bien assez long et poursuivrai ma réflexion sur le sujet une autre fois. N’hésitez pas à partager vos expériences ou interrogations dans les commentaires.