Régulièrement, on entend parler dans les médias de pirates et de hackers, souvent au grand dam de ceux qui se sentent concernés alors que ces termes sont utilisés à mauvais escients et pour montrer du doigt les grands méchants de l’internet.

Dans l’émission la sphère (dont je vente régulièrement les mérites) de cette semaine, il en est également question mais pour en regarder d’autres facettes et notamment celle représentée par le Parti Pirate.

En écoutant cette émission, on apprend notamment qu’en Islande, ce parti est en très bonne position pour les prochaines élections et pourrait prendre en main les rênes du pays. Chose dont on ne parle pas en France. Même pas dans la sphère hacker/libriste/défenseurs du web.

Outre le fait que le nom est le meilleur qu’on ait pu choisir pour faire fuir l’honnête électeur, je n’ai personnellement pris connaissance des revendications et programmes de ce parti qu’à l’occasion du feu-podcast Parole de Tux dans lequel était invité Ploum qui présentait le parti pirate belge (en plus de ses activités libristes lors de l’émergence d’Ubuntu). En France, son existence n’est jamais évoquée hormis pour cité les déboires de Julia Reda a qui on a fait croire que son rapport sur le droit d’auteur au parlement européen allait changer quelque chose.

Pourtant, si on prend la fiche Wikipédia française du parti pirate, on peut lire que ses objectifs sont :
la protection de la vie privée, la réforme du droit d’auteur et la lutte contre les monopoles privés. Le programme aujourd’hui s’est développé, toujours en suivant les mêmes principes de protection des droits fondamentaux et du renforcement de la démocratie. Il concerne maintenant les droits fondamentaux, la vie privée, l’indépendance de la justice, la protection de la communication, la transparence de la vie politique, la réforme du droit d’auteur, et mêmes quelques éléments d’écologie

Autrement dit, des organismes comme la Quadrature du Net ou la FFDN devrait être pleinement engagés dans le même sens et plutôt que de se cogner aux murs de la technocratie ou de la justice, chose que je soutiens, peut-être devraient-ils essayer d’avancer vers une nouvelle forme de société ? De même, des mouvements comme Nuit Debout étaient directement dans cette mouvance de réinventer la démocratie… et puis plus rien. Et on va se taper une bonne campagne présidentielle bien classique qui aboutira au pire de ce que l’on n’a jamais eu en ne se fixant que sur ce qui fait peur (chômage, étranger, crise, …).

Alors forcément, les mauvaises langues diront que si déjà pour des libristes comprendre l’idée du parti pirate c’est galère, on n’est pas près de faire adhérer le public de TF1. Et que si dans ces partis horizontaux c’est autant le bordel que pour les logiciels libres (haut-lieu du fork et du troll), ça ne doit pas être triste. Pourtant, pour moi l’idéal du logiciel libre cache aussi un idéal de société même si certains considèrent que cet idéal a une tendance gauchiste et d’autres que cela ne doit rester que technique sans aller vers le politique.

Sans vouloir vanter une tendance politique plus qu’une autre, je crains juste que le grand perdant soit le débat d’idées et la réflexion sur les directions prises par nos sociétés (dont le numérique fait partie intégrante) ; je ne peux donc qu’inviter à l’interrogation et à la réflexion de chacun, que ce soit à travers l’écoute de podcasts, la lecture d’articles ou l’extériorisation des idées.